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PRENDRE SOIN DE SA FLORE VAGINALE - Plus d'autonomie dans ma féminité (4/6) Source Plantes & santé

Comprendre le fonctionnement du cycle menstruel, mieux appréhender les règles ou les désagréments liés à la ménopause, rééquilibrer la flore vaginale… Il est temps pour les femmes de retrouver du pouvoir sur leur corps. Et dans cette quête vers une meilleure connaissance de soi, le monde végétal est un allié de choix !



Joëlle Pierrard | Phytothérapie | Publié le 01/10/2020

Les clés pour prendre soin de sa flore vaginale




Outre le microbiote intestinal, ­l’organisme héberge d’autres flores microbiennes. Chez la femme, la flore de Döderlein forme ainsi un biofilm protecteur des muqueuses intimes. Ce milieu est composé à 90 % de lactobacilles tandis que les 10 % restants regroupent d’autres bactéries et champignons. Cet environnement instable permet d’inhiber la croissance et l’adhésion de micro-organismes néfastes au système de reproduction. Il est régi par différents mécanismes, dont la sécrétion d’acides organiques. « Ce terrain doit rester acide avec un pH oscillant entre 3,8 et 4,5, ­souligne la naturopathe Sophie-Laure Rigaldo, lors du Sommet du cycle menstruel. Mais ce subtil équilibre peut être perturbé par la prise de ­médicaments ­(antibiotiques, ­corticoïdes, pilule), une hygiène stricte ou, à l’inverse, laxiste. Les règles peuvent aussi basifier ce terrain. » Certaines souches prennent alors le ­dessus, comme celle de la Gardnerella vaginalis qui fait grimper le pH au niveau 5. Ce qui induit une ­vaginose ­bactérienne, caractérisée par des glaires jaunes ou vertes, accompagnée d’une odeur de poisson peu agréable. Ce déséquilibre peut se résoudre de lui-même quand les effets des médicaments s’estompent ou en fonction de l’évolution du cycle. Toutefois, il est conseillé de suivre une cure de probiotiques sous forme d’ovules ou par voie orale. En cas de démangeaisons persistantes et de brûlures en urinant, il faudra consulter. Un Trichomonas vaginalis, infection sexuellement transmissible (IST), peut en être la cause. Autre dérèglement de la flore : la candidose vaginale ou mycose. Pas d’odeur, mais des démangeaisons, un gonflement, des brûlures et des pertes blanches épaisses et granuleuses. Là aussi, une consultation s’impose pour vérifier la présence éventuelle de ­ Chlamydiae, une autre IST. Toutefois, on sait qu’une mycose est, la plupart du temps, le résultat du développement d’un champignon naturellement présent, le ­Candida albicans. Quel traitement de secours envisager ? « On peut faire préparer des ovules aux huiles essentielles diluées dans du ­Witepsol par son pharmacien : de l’huile de tea tree (100 mg), associée à l’huile essentielle de lavande fine (50 mg) qui calme l’irritation ­provoquée par la candidine irritante libérée par le Candida albicans lors de sa ­destruction, explique ­Philippe Goëb, pharmacien et aromathérapeute. À prendre deux fois par jour par voie vaginale, durant cinq jours, puis une fois par jour durant trois jours pour limiter les récidives. »

Dans 5 à 10 % des cas, le ­ Candida albicans peut avoir migré des intestins vers la sphère vaginale et devenir chronique, surtout si on souffre d’une hyperporosité intestinale. « Comme il se nourrit de sucre, il faut faire un sevrage sucré durant quelques semaines, précise Sophie-Laure Rigaldo. Supprimer les douceurs, les féculents, les céréales, les fruits secs et les levures (pain, bière, pizza, fromage). Préférer les fruits peu sucrés (fruits rouges, pommes, poires, kiwi). Consommer des ­aliments protéinés avec des légumes et forcer sur ­certains ­aromates comme l’ail, les oignons et les épices pour leur effet ­nettoyant. »

La gousse d’ail, on la mange seulement !

Insérer une gousse d’ail dans son vagin pour traiter une mycose est parfois conseillé ­notamment sur les réseaux sociaux. Certes l’allicine de l’ail a ­démontré son efficacité sur le Candida ­albicans, mais ­uniquement dans une éprouvette. C’est sans doute ce qui explique que cette recette de grand-mère ne ­fonctionne qu’une fois sur deux. D’autre part, la sensation de ­brûlure occasionnée peut ­parfois être assez violente et mal vécue. Il vaut mieux employer des méthodes plus douces, d’autant que la moitié des femmes se soignent pour des mycoses qu’elles n’ont pas. L’ail d’accord… mais plutôt dans les petits plats.

Cataplasme contre les démangeaisons

Pour apaiser les démangeaisons d’une mycose ou d’une vaginose, Sophie-Laure Rigaldo propose de faire appel à des cataplasmes. À placer directement sur ses muqueuses.

  • Avant de se coucher, préparer une compresse stérile sur laquelle on étale de l’huile de coco. L’acide caprique qu’elle renferme a une vertu antifongique et apaisante. La placer sur les muqueuses et la garder toute la nuit.

  • Pendant la journée, poser une compresse stérile humectée d’une lotion à base d’hydrolat : mélangez 100 ml d’eau avec 1 cuillère à café d’hydrolat de tea tree ou de thym à linalol. On peut aussi faire un bain de siège avec de l’eau froide dans laquelle on aura versé un demi-verre de l’un de ces hydrolats.


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